Jeu de go, traductions de mangas, musique et films : un tour d'horizon de mes centres d'intérêt qui gravitent souvent autour du Japon.
Les problèmes énergétiques auxquels est confrontée l’humanité m’intéressent depuis longtemps. Je me souviens, quand j’étais petit (je devais avoir quelque chose comme 8 ans) j’étais persuadé d’avoir trouvé une source d’énergie géniale pour faire avancer les voitures. J’imaginais que les roues étaient composées de pales à l’intérieur, comme dans les moulins à eaux, et qu’il suffisait de faire couler de l’eau continuellement dessus pour les faire tourner… et ainsi faire avancer le véhicule. Pour moi ça coulait de source, si j’ose m’exprimer ainsi. En tout cas je ne voyais vraiment aucun inconvénient à mon ingénieux procédé. Avec le temps, heureusement pour moi, j’ai fini par réaliser qu’obtenir de l’énergie était légèrement plus complexe. Aussi, c’est avec le plus grand intérêt que j’ai commencé à suivre le développement du projet ITER, une machine conçue pour démontrer la faisabilité d’une fusion thermonucléaire contrôlée, dont le but à terme est de reproduire le même type de réactions que celles se produisant au cœur des étoiles, comme notre soleil. En somme, il ne s’agit ni plus ni moins « que » d’arriver à l’obtention d’une énergie à la fois abondante, peu polluante, et illimitée (à l’échelle humaine). Pour cela, il faut parvenir à obtenir des températures de l’ordre de 200 millions de degrés, générant une sorte de vague énergétique appelée plasma. Au cœur du soleil, les forces de gravitation permettent d’obtenir naturellement du plasma et des réactions de fusion en abondance, mais sur Terre, il nous impossible de confiner un champ gravitationnel. La solution est donc de maintenir le plasma sous contrôle grâce à de puissants champs magnétiques, exercés par des aimants surpuissants. ITER n’a cependant pas pour but de produire de l’énergie en quantité industrielle, mais de démontrer scientifiquement la faisabilité et l’attrait de cette technologie nouvelle. Si l’opération s’avère être un succès, il faudra encore attendre l’horizon 2050 pour profiter des premiers kW générés par un prototype de réacteur à fusion.
Après un bras de fer mémorable entre l’Union Européenne et le Japon (soutenu par les Etats Unis) le projet a finalement été emporté par la France et son site à Cadarache. Un article récent paru dans Le Monde donne quelques éclaircissements sur l’ampleur du projet, qualifié de pharaonique : « Pour obtenir que le célèbre projet de réacteur à fusion thermonucléaire, dit ITER (…), soit développé en France et non au Japon - qui était l'autre candidat pour l'accueillir -, la France a fait comme si Cadarache, site du réacteur, était en bord de mer. Pour masquer un petit mensonge par omission, elle a pris à sa charge, en plus de sa part dans la construction d'ITER, l'aménagement des voies qui conduisent de Fos au Centre de l'énergie atomique (CEA) situé sur le bord de la Durance - loin à l'intérieur des terres. »