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Samedi 1 décembre 2007 6 01 /12 /Déc /2007 18:27
masterclass.JPG Enfants et adolescents planchent sur leur premier scénario de manga.

Pour la deuxième année consécutive, Matthieu Pinon et moi-même avons été invités en tant qu'auteurs du Guide des Mangas au Festival International de la BD d'Ajaccio, qui fête ici sa sixième édition.  A cette occasion il nous a été demandé de réaliser des séries de conférences avec le public. Si celle de vendredi a dû sauter pour cause d'organisation cafouilleuse (on nous avait annoncé que la conférence débuterait à 16h alors que c'était 15h), celle d'hier (samedi 1er décembre) s'est déroulée à merveille.
Plutôt que de procéder à un cours magistral, nous avons préféré faire un atelier d'écriture autour du manga pour ado, autrement dit, le shônen manga. Et le résultat de cette première tentative nous a comblé (et stupéfait) au-delà de nos espérances.
Une trentaine d'enfants (et de jeunes adultes) se sont ainsi prêtés à l'exercice, pendant près de deux heures.

La première partie a consisté à déterminer les codes et les caractéristiques récurrentes du shônen : les attributs du "héros typique", comme le courage et la persévérance, mais aussi le fait qu'il possède un talent ou un potentiel caché. Etre un guerrier extraterrestre comme Songoku, ou posséder des mains idéales pour pétrir le pain... Mais aussi mettre l'accent sur ses défauts et ses problèmes personnels : sa timidité, sa goinfrerie, sa chétivité... Sans oublier de parler de ses indispensables amis, de son idéal qui va être le moteur d'une quête, et des adversaires ou obstacles qui se dresseront sur sa route.

Après cette présentation très fractionnée et volontairement simplifiée, nous les avons laissé réfléchir en petits groupes pendant 30mn à leur propre scénario. En leur imposant deux contraintes : la première, que leur histoire ne se déroule pas au Japon. La seconde, que leur "premier tome" finisse sur un cliffhanger qui donne envie au lecteur d'acheter le volume suivant !

Enfin, chacun à leur tour, les groupes ont élu un représentant pour lire et présenter la conclusion de leur travail collectif. Je ne résiste pas à l'envie de vous en citer quelques uns :

" xxxxx est un jeune collégien qui n'arrête pas de se faire taper dessus par les autres élèves. Il décide de fabriquer un robot pour lui servir de garde du corps et le protéger. Mais le robot est si intelligent qu'il devient aussi son meilleur ami. Un jour, brusquement, le robot disparaît mystérieusement, et xxxx le cherche partout, en vain. Plus tard, en lisant le journal, il tombe sur un article annonçant qu'une guerre vient d'éclater avec le pays voisin. Sur la photo en première page, il voit l'armée ennemie, entièrement composée de robots qui ont tous été clonés sur le sien. (Fin du tome 1)" (récit inventé par un groupe de 3 enfants dont le plus âgé devait avoir 10 ans)

"xxxx est un élève qui possède un pouvoir spécial : celui de lire toutes les pensées des filles. Et il n'a qu'un seul souhait : perdre ce pouvoir ! En effet, sa classe n'est quasiment composée que de filles et pour ne rien arranger, son meilleur ami se sert de lui pour pouvoir draguer. Autrement dit, il est à deux doigts de péter un cable. Mais tout change le jour où il rencontre sa rivale et alter-ego féminin, en la personne d'une nouvelle élève qui possède le même pouvoir que lui. A la différence que cette dernière peut lire dans les pensées des garçons..." (récit inventé par un groupe de 4 adolescents)

J'en citerai peut-être d'autres plus tard. Mais on constate que les idées exposées ne manquent ni d'originalité ni de potentiel. A la fin du "cours", les participants étaient tous très motivés, certains étant repartis avec les parchemins résumant leurs histoires, d'autres avec la ferme intention de concrétiser leur histoire en BD.
Aujourd'hui, un autre atelier identique à celui-ci aura lieu à 15h. J'espère qu'il sera aussi enthousiasmant !
Par Anthony Prezman - Publié dans : Mangas
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Mercredi 28 novembre 2007 3 28 /11 /Nov /2007 20:11
kylie.png Le dernier album de Kylie Minogue, "X", tourne en boucle dans mon baladeur depuis hier. Les plus jeunes ne la connaissent sans doute pas très bien, mais elle fut considérée dans les années 80 comme une des reines de la pop.  Pour ceux qui, comme quoi, ont été bercés par ses mélodies, X fait clairement l'effet d'un voyage dans le temps. La jeune femme, qui a réussi à surmonter un cancer du sein en 2005, offre donc ici un 10ème album qui annonce un retour triomphale sur scène, après deux ans d'absence. En général, j'apprécie moyennement les artistes pop actuels. Mais une chose m'a frappé avec cet album : dès la première écoute, j'ai été conquis par la majorité des titres, ce qui ne m'arrive quasiment jamais. Il me faut souvent plusieurs écoutes successives pour commencer à "rentrer" dans un album. Ici, le charme a opéré instantanément. X fourmille de tubes en puissance qui ne demandent qu'à prendre leur envol sur la bande FM. J'apprécie particulièrement "Like a drug", "In my arms", et "Wow" qui possèdent une énergie enthousiasmante, puisant à la fois dans des arrangements très "80's" et des rythmes plus modernes et électro. Une excellente surprise.
Par Anthony Prezman - Publié dans : Musique
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Lundi 26 novembre 2007 1 26 /11 /Nov /2007 21:28
facebook-logo.jpg Les plus fidèles de mes lecteurs auront remarqué mon absence sur ce blog ces dernières semaines. L'une des raisons de cette désertification porte un nom : Facebook. Depuis que j'y suis inscris, je m'y rends presque quotidiennement, et je dois avouer que j'avais rarement connu une telle addiction jusqu'ici. Tout le monde en parle comme du dernier phénomène communautaire à la mode. Mais Facebook, le septième site internet le plus visité au monde, est plus qu'un simple lieu "branché". Il ne s'agit, ni plus ni moins, que de l'émergence d'une nouvelle façon de communiquer, d'une nouvelle manière d'interagir avec son entourage. Quand je vais sur Facebook, je n'ai pas l'impression de m'enfermer dans une bulle dont les frontières ne seraient définies que selon mes propres perspectives. Tout le monde peut se "connecter" avec moi. Facebook est fascinant parce que, contrairement à Second Life, sans doute le seul précurseur sérieux à ce phénomène, on a affaire à un univers qui interagit véritablement avec le monde "réel". Pour une raison simple : ce monde a besoin des interactions humaines pour s'alimenter. Autrement dit, ce sont les liens que l'on tisse avec ses amis ou ses collègues de travail qui en façonnent la charpente. Facebook nait d'abord du réel, pour ensuite développer "quelque chose" qu'il ne m'est pas aisé de définir, mais qui appartient clairement au domaine de l'imaginaire. Un monde dans lequel on joue les sex symbol, on achète les gens comme de simples animaux de compagnie, on vampirise ses copains, on conçoit des bébés, on participe à des débats plus ou moins pertinents ou on s'aide à parler d'autres langues... Le tout via des milliers d'applications "on-line" gratuites que l'on installe sans qu'elles viennent jamais perturber le fonctionnement intrinsèque de l'ordinateur. Nul ne sait encore vraiment comment cela va évoluer, mais une chose est certaine : le véritable "Web 2.0" commence ici, et maintenant.
Par Anthony Prezman - Publié dans : Nouvelles technologies
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Samedi 24 novembre 2007 6 24 /11 /Nov /2007 13:06
20061027.OBS0010.jpg Denis Olivennes, patron de la Fnac

Cette fois, les dés sont jetés. L’internet français va être « fliqué » et les internautes seront placés sous surveillance, ceci afin de prévenir le téléchargement illégal. Les utilisateurs malveillants recevront un avertissement et leur accès internet pourra se voir fermé, ceci avec la bénédiction de tous les fournisseurs d’accès.

Pour ceux qui ne sont pas au courant de ce qui vient de se jouer au parlement ces derniers jours, M. Sarkozy a confié une mission au patron de la Fnac, Denis Olivennes, afin de définir un moyen d’endiguer le piratage des œuvres culturelles. Pour le Président de la République, « Internet, c'est une nouvelle frontière, mais ça ne doit pas être le Far West high-tech, une zone de non-droit où l'on peut piller en toute impunité. Le vol à l'étalage numérique n'est pas admissible. » Malheureusement, ce constat d’un autre âge révèle une méconnaissance problématique du monde des nouvelles technologies.
Premièrement, il faudra bien un jour se pencher une bonne fois pour toutes sur le statut des œuvres immatérielles. Est-on coupable du même délit lorsqu’on dévalise un supermarché et lorsqu’on télécharge des mp3 ? Pour Sarkozy, cela ne semble pas faire l’ombre d’un doute. Mais  sa décision est arbitraire (les usagers n’ont pas été consultés) et surtout, elle va à contre-courant d’un mouvement planétaire qui tend à redéfinir les notions de partage et à libéraliser de plus en plus l’usage d’internet.
Deuxièmement, selon un sondage fourni par Stratégir, 64% des français seraient prêt à acheter plus de musique légalement si une part plus importante de leur argent allait effectivement dans la poche des artistes. Or, tout le monde sait pertinemment que ces derniers ne touchent quasiment rien et que la majeure partie des revenus est absorbée par les majors du disque, qui ne ratent jamais une occasion d’être alarmistes ou de reprocher aux internautes leur incapacité pathologique à prendre en marche le train du progrès.

Concrètement, comment tout cela va-t-il se traduire ? Deux décisions plutôt bonnes ont été prises, qu’il faut signaler : d’abord, la durée d’attente entre la sortie d’un film au cinéma et sa mise à disposition à la vente passera de 7 mois à 4 mois. Ensuite, les industriels de la musique ont accepté de mettre un terme aux DRM, ces verrous numériques qui polluent la vie des internautes ayant acheté des œuvres par voie légale (impossibilité d’écouter les morceaux sur tous les baladeurs, copie limitée, écoute sur un nombre d’ordinateurs restreint, etc.).

Mais ces bons côtés ne doivent pas masquer le plus important, et sans doute le plus grave : à l’image de ce qui se passe en Chine et dans de nombreux pays soumis à une dictature, le net français sera surveillé par une administration parallèle et omnipotente. Celle-ci pourra sanctionner de façon totalement arbitraire les agissements de ses utilisateurs, qui n’auront même pas la possibilité d’avoir recours à la justice la plus élémentaire. Sarkozy préfère donc troquer le « Far west high-tech » pour un futur totalitaire à la George Orwell. Vous voilà prévenus…



Par Anthony Prezman - Publié dans : Nouvelles technologies
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